Nouvelles de la campagne
Nouvelles de la campagne
Bienvenue dans la sixième édition du Chat de l’Année de la chauve-souris (YOB), centrée sur l’Afrique et publiée par le PNUE/CMS en anglais, français et espagnol. En plus d’un rapport de mission d’Ian Redmond, Ambassadeur de la CMS, trois articles résument les résultats de recherches et activités récents de différents groupes de conservation des chauves-souris. Ils présentent de nouvelles espèces et relatent des faits intéressants sur ces animaux au travers d’histoires en provenance du Kenya, du Nigéria et de l’Afrique du Sud.
Laisser les tambours de la brousse raconter l’histoire des chauves-souris
Beaucoup de gens ne savant pas à quel point les chauves-souris sont importantes pour le continent africain. On ne peut imaginer l’Afrique sans baobabs. Sans chauves-souris qui agissent en pollinisateurs principaux, cet arbre-là et de nombreuses autres espèces d’arbres et de plantes n’existeraient plus. Par ailleurs, les chauves-souris contribuent à reboiser les espaces verts en déclin en disséminant des graines digérées. En outre, elles contribuent à la lutte antiparasitaire. Les colonies de chauves-souris peuvent se déplacer en grand nombre (milles des animaux) et chaque animal peut manger jusqu’à l’équivalent de son propre poids en insectes chaque nuit. Cela réduit considérablement le nombre de moustiques et de parasites agricoles et améliore ainsi la vie de la population rurale. Les chauves-souris jouent un rôle significatif dans la réduction de la malaria, surtout en Afrique. Malgré tous ces services utiles, les chauves-souris souffrent toujours d’une mauvaise image. Souvent, elles sont considérées comme néfastes et parasitaires et sont persécutées.
Farm Radio International, une association caritative canadienne qui travaille avec plus de 400 stations de radio dans 38 pays africains afin de combattre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, est prête à inclure l’Année de la chauve-souris dans son programme et à sensibiliser le public aux bénéfices économiques et écologiques apportés grâce à ces animaux. Toutefois, il faut de l’argent pour payer les journalistes africains qui font des recherches sur la situation des chauves-souris dans la région, puis pour publier et distribuer les scripts radiophoniques et les nouvelles histoires concernant l’Année de la chauve-souris. VOUS pouvez faire la différence en faisant passer le message aux stations de radio, « les tambours modernes de la brousse africaine » ! Il vous suffit de faire une donation, même petite, au projet « L’Année de la chauve-souris en Afrique » sur le site Internet de Farm Radio http://donate.farmradio.org/ et vous ramènerez les tambours à la vie. Merci !
De nouvelles cartes postales autocollantes sont disponibles dès maintenant
Le Secrétariat du PNUE/CMS a sorti une nouvelle collection de cartes postales qui remplacent celles avec les photos. Flanquées du slogan « Sauvez les chauves-souris pour sauver la planète », elles transmettent un message encore plus clair sur les raisons pour lesquelles il est si important de protéger ces animaux. Par ailleurs, ces cartes postales sont également autocollantes. Pour en recevoir des exemplaires, envoyez simplement vos coordonnées, à savoir nom, adresse complète et numéro de téléphone, à yearofthebat@cms.int. Nous avons hâte de recevoir vos messages !
Protéger les chauves-souris d’Afrique
Premier Sommet sur la conservation des chauves-souris africaines sponsorisé par Bat Conservation International
Une touche personnelle
Afin d’encourager davantage de personnes à aider les chauves-souris, partagez avec nous votre histoire unique avec ces animaux. Nous aimerions publier les expériences personnelles de nos lecteurs avec les chauves-souris, que ce soit un évènement auquel vous avez participé, une chauve-souris que vous avez secourue ou la visite d’une grotte de chauves-souris. Une newsletter spéciale va être publiée avec les expériences personnelles des amis des chauves-souris du monde entier. Envoyez la vôtre en 100 mots maximum à yearofthebat@cms.int
La région ciblée lors de la prochaine newsletter de l’Année de la chauve-souris sera l’Europe. Nous avons hâte de recevoir vos histoires !
Note: Les opinions exprimées dans les articles ne sont pas forcément celles du Secrétariat de la CMS.
Kenya: Comme une chauve-souris tout droit sortie de l’Elgon De l’Ambassadeur de la CMS Ian Redmond
Kenya: Comme une chauve-souris tout droit sortie de l’Elgon
De l’Ambassadeur de la CMS Ian Redmond
Habiter dans une grotte n’est pas très en vogue de nos jours, mais c’est probablement parce qu’ils ont partagé des grottes que les humains et les chauves-souris se sont rencontrés pour la première fois d’aussi près. Pour la plupart des gens, l’idée de vivre dans une grotte évoque des images d’habitants des cavernes préhistoriques ou de Fred Flintstone dans la série télévisée animée. Mais dans certaines régions du monde, les grottes constituent encore de nos jours un refuge pour certaines communautés. C’est le cas du Mt Elgon, un volcan éteint à la frontière entre le Kenya et l’Ouganda où, de mémoire d’homme, certaines des célèbres grottes aux éléphants étaient utilisées comme demeures spacieuses par les populations locales, avec différentes zones sécurisées à l’intérieur pour leur bétail et leurs chèvres. Les murs de ces grottes sont noircis par des générations de feux de cuisson mais, derrière la suie, on peut souvent apercevoir des centaines de sillons lisses formant un schéma aléatoire ; ce sont des traces créés par des éléphants assoiffés de sel évaluant la pierre riche en minéraux avec le bout de leurs défenses. Les populations et les chauves-souris d’Elgon habitaient dans des anciennes mines de sel aux éléphants. À présent, les habitants humains font partie du passé (excepté le biologiste de terrain occasionnel), mais les grottes restent le centre d’activité d’une grande partie de la faune sauvage de la zone. Les deux grottes les plus connues – Kitum et Mackingeni – sont ouvertes au public au Parc national du Mont Elgon, au Kenya, et quel meilleur moment pour les visiter que lors de l’Année de la chauve-souris ?
préservées. Le Mount Elgon était actif à la fin du Miocène et les éruptions volcaniques de cendres et de matériaux pyroclastiques ont aplati et recouvert les forêts qui poussaient sur ses flancs entre les éruptions. Grâce à la méga érosion des mines par les éléphants et la mini érosion des griffes des chauves-souris, les roussettes qui claquent la langue du Mont Elgon nichent aujourd’hui sur les branches fossilisées des arbres pétrifiés au fond des zones sombres d’une mine de sel aux éléphants !
Liens supplémentaires :
Virtual Ecotourism
Mount Elgon Elephant Monitoring Team
Nigéria : Étude sur les chauves-souris au Nigéria De Taiye A. Adeyanju et Temidayo E. Adeyanju, Associés de recherche APLORI
Nigéria : Étude sur les chauves-souris au Nigéria
De Taiye A. Adeyanju et Temidayo E. Adeyanju, Associés de recherche APLORI
L’A. P. Leventis Ornithological Research Institute (APLORI), à Jos, au Nigéria, est le seul centre d’observation dédié à la recherche ornithologique et à la formation à la conservation en Afrique de l’Ouest. L’institut, qui appartient à l’Université de Jos, contribue directement aux structures d’acquisition des connaissances dans les pays en développement d’Afrique de l’Ouest, tout en fournissant une base unique à partir de laquelle il est possible d’établir des projets de recherche écologique sur le long terme en Afrique de l’Ouest. Il propose un programme de troisième cycle en biologie de la conservation et encourage les recherches sur d’autres taxons que les oiseaux sauvages. À ce jour, des recherches ont été menées sur les papillons, les reptiles, les virus, les éléphants, les lions, les chimpanzés et, plus récemment, les chauves-souris.
zoologique, des colonies de roussettes sont visées sans distinction par les chasseurs, qui utilisent des catapultes pour les attaquer. Sur les terrains de l’IIAT, des coups de feu peuvent être entendus autour des colonies de roussettes, bien que la chasse et la cueillette de plantes soient strictement interdites dans cette zone par les autorités. La viande de cet animal serait un met recherché dans les bars et restaurants locaux. Les chauves-souris qui nichent sur les toits des maisons ont été désinfectées par fumigation avec du formol afin d’empêcher la transmission de la rage et des mauvais présages. Chez les Yorubas, un groupe ethnique important du sud ouest du Nigéria, lorsque les chauves-souris sont présentes en grand nombre, la coexistence pacifique l’emporte. Pour les chercheurs, les chauves-souris constituent un sujet d’étude facilement disponible, mais très peu de mesures ont été mises en place en termes de conservation et d’éducation.
Cette étude était une première expérience positive et passionnante pour nous avec ces animaux. Nous avons utilisé des filets japonais car nous ne pouvions avoir accès à des détecteurs de chauves-souris pour des contraintes budgétaires. Nous n’avons capturé aucune chauve-souris la première nuit ! Au contraire, ces dernières ont abîmé la plupart de nos filets. Toutefois, notre persévérance a finalement porté ses fruits et nous avons réussi à réduire le temps de capture et à comprendre leur comportement autour des filets. Au total, nous avons capturé 31 espèces de chauves-souris (dont la chauve-souris de Beatrix (Glauconycteris beatrix), la petite roussette à collier (Myonycteris torquata), la chauve-souris de Jones's Roundleaf (Hipposideros jonesi), la roussette de Zenker (Scotonycteris zenkeri), la chauve-souris africaine, (Scotophilus dinganii) et la roussette de Woermann (Megaloglossus woermanni) et nous pouvons maintenant manipuler les chauves-souris avec davantage d’assurance et d’optimisme. Nous avons collecté un nombre représentatif de chaque spécimen afin de bien les identifier. Nous avons capturé une roussette de Woermann et son bébé et ce fut l’un des nombreux points forts de notre expédition sur le terrain. Les résultats révèlent que les pesticides ont fortement réduit la diversité des chauves-souris insectivores à l’IIAT.
La recherche constitue une première étape visant à analyser le statut de conservation actuel avant de développer des mesures de conservation personnalisées. Il y a encore beaucoup à faire pour inverser la perception négative à l’égard des chauves-souris et éduquer les populations sur l’importance de ces animaux très utiles et sur les menaces auxquelles ils sont confrontés.
Lien supplémentaire :
Pour de plus amples renseignements sur l’APLORI, rendez-vous sur
Afrique du sud : Les gardiens de la forêt d’Afrique centrale De Kath Potgieter – The Endangered Wildlife Trust
Afrique du sud : Les gardiens de la forêt d’Afrique centrale
De Kath Potgieter – The Endangered Wildlife Trust
Les roussettes jouent un rôle important dans la pollinisation des plantes à fleurs, la dispersion et la germination des graines et l’établissement ultérieur de végétation ligneuse. Les chauves-souris de Kasanka sont considérées comme particulièrement importantes à cet égard car l’ampleur, la durée et la direction de leurs déplacements annuels suggèrent qu’elles peuvent disperser des graines et des nutriments sur une zone très vaste. Cela pourrait potentiellement affecter la viabilité sur le long terme non seulement des forêts d’Afrique centrale, mais également des moyens de subsistance humains dans une région où la plupart des personnes dépendent toujours du bois, des fruits et autres produits forestiers. La conservation des roussettes paillées africaines est donc vitale et le Kasanka Trust, en charge de la gestion du Parc national de Kasanka, l’a reconnu et a mis en place des recherches et des actions de conservation continues en faveur des chauves-souris. Une coopération internationale, en vue de protéger un réseau fonctionnel de zones de repos et d’alimentation tout le long de leurs voies de migration, est nécessaire afin de garantir que les terres boisées du nord de la Zambie et de la RDC soient maintenues pour les générations à venir.
Lien supplémentaire :
Endangered Wildlife Trust
or contact Kath Potgieter: kathp@ewt.org.za
Afrique du sud : Conservation des chauves-souris en Afrique australe Par le Professeur Peter John Taylor, Département d’écologie et de gestion des ressources, Université de Venda
Afrique du sud : Conservation des chauves-souris en Afrique australe
Par le Professeur Peter John Taylor, Département d’écologie et de gestion des ressources, Université de Venda
Des recherches récentes portant sur les chauves-souris d'Afrique australe qui utilisent des techniques modernes moléculaires et acoustiques montrent qu'il existe probablement un certain nombre de nouvelles espèces non étudiées dans la région. 22 espèces nouvelles de chauves-souris ont été décrites au cours des 20 dernières années en Afrique, à Madagascar et aux îles associées de l'océan Indien. En septembre 2012, nous avons fait état dans le journal PLOS ONE de la découverte passionnante de quatre autres nouvelles espèces de rhinolopes fer à cheval en Afrique australe.
Depuis le début des années 1990, la sensibilisation de plus en plus forte des médias et du public à l’égard des chauves-souris a entraîné la formation de groupes d’intérêt sur ces animaux, notamment par des scientifiques citoyens dédiés à la conservation des chauves-souris. Le Groupe d’intérêt sur les chauves-souris KwaZulu-Natal (Bats KZN) a été fondé en février 1994 en tant qu’ONG axée sur la conservation avec pour objectif d’améliorer la recherche, la conservation et la sensibilisation du public aux chauves-souris d’Afrique du Sud. Le groupe a répondu aux requêtes publiques, a mené des débats, des cours de formation pour le public et les sociétés de lutte antiparasitaire, a fait des recherches sur les colonies et a soigné les chauves-souris blessées et malades.
Un deuxième groupe similaire, le Groupe d’intérêt des régions du nord et du Gauteng (GNorBIG) a été formé en 1995. Un troisième groupe informel de l’Université du Cap se concentre principalement sur la recherche sur les chauves-souris et la formation d’étudiants de 2e et 3e cycle en écologie et systématique des chauves-souris. Ces groupes sont toujours actifs de nos jours et contribuent à encourager l’intérêt public et à prodiguer leurs conseils sur des enjeux nationaux concernant la conservation des chauves-souris en Afrique du Sud, tels que les règlementations TOPS (Espèces menacées ou protégées, Threatened or Protected Species, en anglais), récemment élaborées. Ils dépendent de la loi nationale sur la gestion de l’environnement et la biodiversité (NEMBA) de 2004, qui offre précisément une protection à une espèce locale, la chauve-souris Mastiff à grandes oreilles (Otomops martienssenii), ainsi que de la nouvelle législation provinciale (au KwaZulu-Natal) sur les normes en matière de soins en captivité sur des animaux sauvages indigènes, dont les chauves-souris. Bats KZN a été le premier à utiliser certaines méthodes pour la réinsertion de chauves-souris en détresse ou blessées ; en plus de ses propres efforts continuels et efficaces de sauvetage, il consulte des particuliers et des groupes de défense des animaux à l’échelle nationale et internationale.
Par ailleurs, les groupes sur les chauves-souris contribuent à élaborer les lois relatives à l’évaluation de l’impact environnemental des propositions en matière d’énergie éolienne en Afrique du Sud (il a été prouvé que les parcs éoliens entraînaient une forte mortalité des chauves-souris dans certains cas). En outre, ils conseillent les autorités locales de conservation de la nature sur les listes d’espèces de chauves-souris menacées. Ils conseillent également les autorités locales et les fournisseurs de filets japonais sur les autorisations de permis à visée de recherche sur les chauves-souris.
Les groupes sur les chauves-souris sont impliqués dans les débats sur la possibilité d’un accord africain sur les espèces de chauves-souris migratrices, similaire à EUROBATS. En surveillant les colonies d’espèces de chauves-souris en danger et les autres, ces groupes ont mis en avant les menaces auxquelles sont confrontées les chauves-souris. Bats KZN a décrit le déclin catastrophique, probablement du aux perturbations humaines, d’une population reproductrice de chauves-souris Cloeotis percivali, qui niche dans les fosses de visite du troisième plus grand barrage d’Afrique du Sud, celui de Jozini, entraînant l’inscription de l’espèce sur la Liste rouge comme étant En danger critique d’extinction grâce à une évaluation sud-africaine sur la conservation des mammifères. La base de données sur les colonies de chauves-souris, classée par groupes, ainsi que l’expérience collective des chercheurs spécialisés locaux et des travailleurs amateurs, ont été précieuses pour faire inscrire sur la Liste rouge des espèces de chauves-souris au cours de l’évaluation nationale sur la conservation des mammifères mentionnée ci-dessus.
Les maisons résidentielles où les chauves-souris nichent souvent, y compris les populations menacées de molosses à grandes oreilles, sont désinfectées au fumigène. Afin de traiter cette menace, Bats KZN organise régulièrement des ateliers destinés aux sociétés de lutte antiparasitaire en vue d’informer les professionnels sur les moyens non mortels d’expulser les chauves-souris.
Avec l’importance écologique et économique critique et croissante des chauves-souris dans les écosystèmes naturels tropicaux et les écosystèmes agricoles du monde entier, les dernières recherches en Afrique australe se sont intéressées à l’impact des chauves-souris en tant qu’agents de lutte biologique contre les insectes ravageurs dans les écosystèmes agricoles. Une étude réalisée récemment a identifié le rôle potentiellement significatif de deux espèces de chauves-souris molosses dans la lutte contre les insectes nuisibles dans les monocultures de cannes à sucre au Swaziland. Un projet similaire est actuellement en cours dans les vergers subtropicaux de noix de macadamia dans le nord de l’Afrique du Sud.
Mis à part quelques succès, la conservation des chauves-souris en Afrique australe a encore un long chemin à parcourir afin de clairement appréhender et atténuer les nombreuses menaces auxquelles sont confrontées nos chauves-souris, de la destruction des habitats à cause de la croissance de la population et du boisement, à l’utilisation répandue des pesticides agricoles et domestiques, en passant par les nuisances humaines auprès de colonies de chauves-souris essentielles. Nous pensons que la sensibilisation du public doit devenir le principal objectif ; la bataille ne sera gagnée qu’en conquérant les cœurs et les esprits de la majorité de notre population en les convaincant du rôle écologique critique joué par les chauves-souris et des bénéfices économiques qui en découlent.
Liens supplémentaires :
Groupe d’intérêt sur les chauves-souris KwaZulu-Natal(Bats KZN)
Groupe d’intérêt des régions du nord et du Gauteng
Lecture recommandée
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Liens supplémentaires :
Farm Radio
News article on the First BCI Summit on African Bat Conservation
Bracken Bat Cave and Caves and Karsts Webcasts de BatsLIVE


