Nouvelles de la campagne 

Bienvenue dans la sixième édition du Chat de l’Année de la chauve-souris (YOB), centrée sur l’Afrique et publiée par le PNUE/CMS en anglais, français et espagnol. En plus d’un rapport de mission d’Ian Redmond, Ambassadeur de la CMS, trois articles résument les résultats de recherches et activités récents de différents groupes de conservation des chauves-souris. Ils présentent de nouvelles espèces et relatent des faits intéressants sur ces animaux au travers d’histoires en provenance du Kenya, du Nigéria et de l’Afrique du Sud. 
 
Laisser les tambours de la brousse raconter l’histoire des chauves-souris 
Beaucoup de gens ne savant pas à quel point les chauves-souris sont importantes pour le continent africain. On ne peut imaginer l’Afrique sans baobabs. Sans chauves-souris qui agissent en pollinisateurs principaux, cet arbre-là et de nombreuses autres espèces d’arbres et de plantes n’existeraient plus. Par ailleurs, les chauves-souris contribuent à reboiser les espaces verts en déclin en disséminant des graines digérées. En outre, elles contribuent à la lutte antiparasitaire. Les colonies de chauves-souris peuvent se déplacer en grand nombre (milles des animaux) et chaque animal peut manger jusqu’à l’équivalent de son propre poids en insectes chaque nuit. Cela réduit considérablement le nombre de moustiques et de parasites agricoles et améliore ainsi la vie de la population rurale. Les chauves-souris jouent un rôle significatif dans la réduction de la malaria, surtout en Afrique. Malgré tous ces services utiles, les chauves-souris souffrent toujours d’une mauvaise image. Souvent, elles sont considérées comme néfastes et parasitaires et sont persécutées. 
 
Farm Radio International, une association caritative canadienne qui travaille avec plus de 400 stations de radio dans 38 pays africains afin de combattre la pauvreté et l’insécurité alimentaire, est prête à inclure l’Année de la chauve-souris dans son programme et à sensibiliser le public aux bénéfices économiques et écologiques apportés grâce à ces animaux. Toutefois, il faut de l’argent pour payer les journalistes africains qui font des recherches sur la situation des chauves-souris dans la région, puis pour publier et distribuer les scripts radiophoniques et les nouvelles histoires concernant l’Année de la chauve-souris. VOUS pouvez faire la différence en faisant passer le message aux stations de radio, « les tambours modernes de la brousse africaine » ! Il vous suffit de faire une donation, même petite, au projet « L’Année de la chauve-souris en Afrique » sur le site Internet de Farm Radio http://donate.farmradio.org/ et vous ramènerez les tambours à la vie. Merci ! 
 
 
De nouvelles cartes postales autocollantes sont disponibles dès maintenant 
Le Secrétariat du PNUE/CMS a sorti une nouvelle collection de cartes postales qui remplacent celles avec les photos. Flanquées du slogan « Sauvez les chauves-souris pour sauver la planète », elles transmettent un message encore plus clair sur les raisons pour lesquelles il est si important de protéger ces animaux. Par ailleurs, ces cartes postales sont également autocollantes. Pour en recevoir des exemplaires, envoyez simplement vos coordonnées, à savoir nom, adresse complète et numéro de téléphone, à yearofthebat@cms.int. Nous avons hâte de recevoir vos messages ! 
 
Protéger les chauves-souris d’Afrique 
Premier Sommet sur la conservation des chauves-souris africaines sponsorisé par Bat Conservation International 
Le premier Sommet sur la conservation des chauves-souris africaines se tiendra du 10 au 16 février 2013 à Naivasha, au Kenya. Il réunira des professionnels de la conservation d’Afrique sub-saharienne et une équipe internationale d’écologistes spécialisés dans les chauves-souris, qui travaillent tous à la protection des ces animaux et qui cherchent à mettre en place des initiatives durables pour l’avenir de la région. 
 
 
Enregistrement en ligne et  
carte des évènements 
 
 
 
 
 
 
La célébration des chauves-souris suscite encore de l’intérêt dans le monde entier. La Nuit internationale de la Chauve-souris fin août a grandement contribué à sensibiliser le public à la conservation des chauves-souris... 
 
Ainsi, davantage d’évènements ont été enregistrés grâce à notre système d’enregistrement en ligne. Notre site Internet présente de manière attrayante 189 évènements facilement consultables. Vérifiez quel évènement est organisé près de chez vous ! 
Une touche personnelle 
Afin d’encourager davantage de personnes à aider les chauves-souris, partagez avec nous votre histoire unique avec ces animaux. Nous aimerions publier les expériences personnelles de nos lecteurs avec les chauves-souris, que ce soit un évènement auquel vous avez participé, une chauve-souris que vous avez secourue ou la visite d’une grotte de chauves-souris. Une newsletter spéciale va être publiée avec les expériences personnelles des amis des chauves-souris du monde entier. Envoyez la vôtre en 100 mots maximum à yearofthebat@cms.int 
 
La région ciblée lors de la prochaine newsletter de l’Année de la chauve-souris sera l’Europe. Nous avons hâte de recevoir vos histoires ! 
 
Note: Les opinions exprimées dans les articles ne sont pas forcément celles du Secrétariat de la CMS. 

Kenya: Comme une chauve-souris tout droit sortie de l’Elgon 
De l’Ambassadeur de la CMS Ian Redmond 

Habiter dans une grotte n’est pas très en vogue de nos jours, mais c’est probablement parce qu’ils ont partagé des grottes que les humains et les chauves-souris se sont rencontrés pour la première fois d’aussi près. Pour la plupart des gens, l’idée de vivre dans une grotte évoque des images d’habitants des cavernes préhistoriques ou de Fred Flintstone dans la série télévisée animée. Mais dans certaines régions du monde, les grottes constituent encore de nos jours un refuge pour certaines communautés. C’est le cas du Mt Elgon, un volcan éteint à la frontière entre le Kenya et l’Ouganda où, de mémoire d’homme, certaines des célèbres grottes aux éléphants étaient utilisées comme demeures spacieuses par les populations locales, avec différentes zones sécurisées à l’intérieur pour leur bétail et leurs chèvres. Les murs de ces grottes sont noircis par des générations de feux de cuisson mais, derrière la suie, on peut souvent apercevoir des centaines de sillons lisses formant un schéma aléatoire ; ce sont des traces créés par des éléphants assoiffés de sel évaluant la pierre riche en minéraux avec le bout de leurs défenses. Les populations et les chauves-souris d’Elgon habitaient dans des anciennes mines de sel aux éléphants. À présent, les habitants humains font partie du passé (excepté le biologiste de terrain occasionnel), mais les grottes restent le centre d’activité d’une grande partie de la faune sauvage de la zone. Les deux grottes les plus connues – Kitum et Mackingeni – sont ouvertes au public au Parc national du Mont Elgon, au Kenya, et quel meilleur moment pour les visiter que lors de l’Année de la chauve-souris ? 
Regardez en l’air en entrant et vous verrez que la surface noircie par la suie s’érode petit à petit aux endroits où les griffes de chauves-souris s’accrochent au plafond ainsi que sur les murs de la grotte à cause de la reprise du grattement des défenses d’éléphants. Dans les pièces latérales, creusées par les humains dans le passé pour nourrir leur bétail de la roche riche en minéraux, le plafond est parsemé ici et là de chauves-souris rhinolophes solitaires. À l’occasion, vous pourrez croiser une colonie de Miniopterus tellement entassées qu’elles ressemblent à un tapis de chauves-souris collé au toit. Des éboulements ont créé des parties plus hautes dans le plafond de l’entrée de la grotte de Mackingeni, ainsi que dans les recoins intérieurs de celle de Kitum ; là, vous pourrez entendre les cris perçants et les cliquetis de grandes colonies de roussettes qui claquent la langue (Rousettus spp). En-dessous, sur la roche éclaboussée de guano, fourmillent des insectes suceurs de sang qui cherchent à remonter jusqu’aux chauves-souris. Ce sont des Afrocimex : ils ressemblent fortement aux Cimex, les punaises de lit des humains, peut-être une indication de l’évolution qui prouverait que les humains et les chauves-souris ont autrefois cohabité avant que nous déménagions et construisions nos propres « grottes » au moyen de briques et d’un mortier. 
 
Contrairement aux chauves-souris insectivores, les chauves-souris frugivores se déplacent par la vue et possèdent de grands yeux. Par conséquent, si vous suivez du regard le faisceau de votre lampe de poche, vous apercevrez une constellation mobile de milliers d’yeux de chauves-souris reflétant la lumière. La plupart des espèces de chauve-souris frugivore nichent dans les arbres, mais les roussettes nichent dans les zones sombres des grottes, ce que l’on pourrait considérer problématique pour des chauves-souris qui s’orientent par la vue. Si les chauves-souris ont peur de votre lampe de poche, vous entendrez toutefois le claquement de langue éponyme (tss, tss, tss) car elles se déplacent à l’aide d’un sonar rudimentaire, appréhendant la topographie de la grotte grâce aux échos de chaque « tss ». Ce n’est en rien comparable au sonar sophistiqué des chauves-souris insectivores, plus petites, qui peuvent tournoyer dans l’air afin d’attraper des insectes au vol mais, pour être honnête, les chauves-souris frugivores ont une nourriture beaucoup moins agile et ont simplement besoin de trouver un endroit où se suspendre. Autrefois, leurs excursions nocturnes consistaient à trouver des forêts d’arbres fruitiers qui s’étendaient aussi loin qu’une chauve-souris pouvait voler. Malheureusement, la pression sur les terres agricoles dans cette zone fertile du Kenya signifie maintenant que tous les versants en contrebas à l’extérieur du parc sont cultivés de manière intensive et que les chauves-souris vont chercher de la nourriture dans les terres cultivées, faisant d’elles une nuisance pour les fruiticulteurs. 
 
Les chauves-souris se suspendent par leurs ongles de pattes (ou plutôt par leurs griffes de pattes pour être plus précis), dont la totalité des cinq sont courbés de la même manière, tels un râteau à cinq dents crochu de façon permanente. Si vous escaladez la roche jusqu’aux perchoirs et y regardez de plus près, vous verrez à quel point ces griffes ont érodé l’agglomérat volcanique lisse, laissant ainsi une vue magnifique : des brindilles et des branches fossilisées parfaitement  
© Ian Redmond 
Des chauves-souris insectivores Miniopterus nichent ensemble sur le plafond d’une grotte, Parc national du Mt Elgon, Kenya. 
© Ian Redmond 
Claquement de langue de roussettes perchées au plafond d’une grotte, leurs yeux réfléchissant le flash, Mt Elgon NP. 
© Ian Redmond 
Plafond de cave noirci de suie et palissade à bétail encore en usage dans les années 1980, Kol Cave, Mt Elgon. 
préservées. Le Mount Elgon était actif à la fin du Miocène et les éruptions volcaniques de cendres et de matériaux pyroclastiques ont aplati et recouvert les forêts qui poussaient sur ses flancs entre les éruptions. Grâce à la méga érosion des mines par les éléphants et la mini érosion des griffes des chauves-souris, les roussettes qui claquent la langue du Mont Elgon nichent aujourd’hui sur les branches fossilisées des arbres pétrifiés au fond des zones sombres d’une mine de sel aux éléphants ! 
 
 
Liens supplémentaires : 
Virtual Ecotourism 
Mount Elgon Elephant Monitoring Team 

Nigéria : Étude sur les chauves-souris au Nigéria 
De Taiye A. Adeyanju et Temidayo E. Adeyanju, Associés de recherche APLORI 

 
L’A. P. Leventis Ornithological Research Institute (APLORI), à Jos, au Nigéria, est le seul centre d’observation dédié à la recherche ornithologique et à la formation à la conservation en Afrique de l’Ouest. L’institut, qui appartient à l’Université de Jos, contribue directement aux structures d’acquisition des connaissances dans les pays en développement d’Afrique de l’Ouest, tout en fournissant une base unique à partir de laquelle il est possible d’établir des projets de recherche écologique sur le long terme en Afrique de l’Ouest. Il propose un programme de troisième cycle en biologie de la conservation et encourage les recherches sur d’autres taxons que les oiseaux sauvages. À ce jour, des recherches ont été menées sur les papillons, les reptiles, les virus, les éléphants, les lions, les chimpanzés et, plus récemment, les chauves-souris. 
mère et le bébé © Temidayo E. Adeyanju 
Cette année, l’APLORI a accordé à ma femme une bourse afin d’étudier la diversité des chauves-souris dans deux réserves forestières (Institut International d'agriculture tropicale (IIAT) d’Ibadan et forêt d’Omo) toutes deux situées dans le sud-ouest du Nigéria. De vastes colonies de roussettes sont toujours présentes dans les alentours des deux forêts classées que nous avons explorées. Ce projet de recherche tombe à point nommé car il existe très peu d’informations sur l’écologie et le statut des chauves-souris au Nigéria. Par ailleurs, ces dernières sont chassées pour leur viande et pour leur statut de transmetteurs de maladies. 
 
Ainsi, la chasse représente une grande menace pour les chauves-souris au Nigéria et constitue une pratique courante. Par exemple, à l’Université d’Ibadan, juste derrière le jardin  
zoologique, des colonies de roussettes sont visées sans distinction par les chasseurs, qui utilisent des catapultes pour les attaquer. Sur les terrains de l’IIAT, des coups de feu peuvent être entendus autour des colonies de roussettes, bien que la chasse et la cueillette de plantes soient strictement interdites dans cette zone par les autorités. La viande de cet animal serait un met recherché dans les bars et restaurants locaux. Les chauves-souris qui nichent sur les toits des maisons ont été désinfectées par fumigation avec du formol afin d’empêcher la transmission de la rage et des mauvais présages. Chez les Yorubas, un groupe ethnique important du sud ouest du Nigéria, lorsque les chauves-souris sont présentes en grand nombre, la coexistence pacifique l’emporte. Pour les chercheurs, les chauves-souris constituent un sujet d’étude facilement disponible, mais très peu de mesures ont été mises en place en termes de conservation et d’éducation. 
 
Cette étude était une première expérience positive et passionnante pour nous avec ces animaux. Nous avons utilisé des filets japonais car nous ne pouvions avoir accès à des détecteurs de chauves-souris pour des contraintes budgétaires. Nous n’avons capturé aucune chauve-souris la première nuit ! Au contraire, ces dernières ont abîmé la plupart de nos filets. Toutefois, notre persévérance a finalement porté ses fruits et nous avons réussi à réduire le temps de capture et à comprendre leur comportement autour des filets. Au total, nous avons capturé 31 espèces de chauves-souris (dont la chauve-souris de Beatrix (Glauconycteris beatrix), la petite roussette à collier (Myonycteris torquata), la chauve-souris de Jones's Roundleaf (Hipposideros jonesi), la roussette de Zenker (Scotonycteris zenkeri), la chauve-souris africaine, (Scotophilus dinganii) et la roussette de Woermann (Megaloglossus woermanni) et nous pouvons maintenant manipuler les chauves-souris avec davantage d’assurance et d’optimisme. Nous avons collecté un nombre représentatif de chaque spécimen afin de bien les identifier. Nous avons capturé une roussette de Woermann et son bébé et ce fut l’un des nombreux points forts de notre expédition sur le terrain. Les résultats révèlent que les pesticides ont fortement réduit la diversité des chauves-souris insectivores à l’IIAT. 
 
La recherche constitue une première étape visant à analyser le statut de conservation actuel avant de développer des mesures de conservation personnalisées. Il y a encore beaucoup à faire pour inverser la perception négative à l’égard des chauves-souris et éduquer les populations sur l’importance de ces animaux très utiles et sur les menaces auxquelles ils sont confrontés. 
 
Lien supplémentaire : 
Pour de plus amples renseignements sur l’APLORI, rendez-vous sur 

Afrique du sud : Les gardiens de la forêt d’Afrique centrale 
De Kath Potgieter – The Endangered Wildlife Trust 

Epomophorus wahlbergi © Dawn Toussaint 
Rhinolophus darlingi  
© Gerhard du Preez 
Il constitue la plus grande concentration de mammifères en Afrique mais, malgré le spectacle du rassemblement annuel de millions de roussettes paillées africaines (Eidolon helvum) dans le Parc national de Kasanka, en Zambie, il est toujours considéré comme l’un des secrets les mieux gardés du continent. Chaque année, environ 8 millions de ces grandes chauves-souris frugivores se rassemblent dans les forêts marécageuses sempervirentes mashitu de fin octobre à mi-décembre afin de se régaler des fruits des arbres Mimusops caffra, Syzygium cordatum et Uapaca kirkiana. Chaque nuit, lorsque le soleil se couche à l’horizon, les chauves-souris, avec leur envergure d’un mètre les ailes déployées, remplissent le ciel tandis qu’elles partent à la recherche de nourriture. Les chercheurs pensent que chaque animal peut consommer jusqu’à deux fois le poids de son propre corps chaque nuit, comptabilisant un poids ahurissant de 5000 tonnes de fruits par nuit. 
 
L’énigme qui a attiré l’attention des chercheurs Heidi Richter et Graeme Cumming, entre autres, est le fait que personne n’était certain d’où les chauves-souris venaient ou d’où elles allaient après avoir quitté le Parc national de Kasanka. Pour répondre à ces questions, ils ont posé de légers émetteurs par satellite sur le dos de quatre chauves-souris mâles afin de suivre leurs déplacements une fois partis de Kasanka. Ce qu’ils ont découvert est stupéfiant. Les quatre chauves-souris marquées se sont déplacées jusqu’à 2000 km du Parc national de Kasanka vers le centre et le nord de la République Démocratique du Congo (DRC), mais chaque animal vers une région différente. H. Richter et G. Cumming en ont conclu que la colonie de Kasanka était composée d’individus issus d’une vaste zone d’Afrique centrale qui ne se réunit que pendant ces quelques mois afin de profiter de l’abondance saisonnière de fruits. 
Nycteris thebaica  
© Dawn Toussaint 
Miniopterus natalensis  
© Trevor Morgan 
Neoromicia capensis  
© Trevor Morgan 
Certaines des nombreuses espèces de chauves-souris existant en Afrique 
Les roussettes jouent un rôle important dans la pollinisation des plantes à fleurs, la dispersion et la germination des graines et l’établissement ultérieur de végétation ligneuse. Les chauves-souris de Kasanka sont considérées comme particulièrement importantes à cet égard car l’ampleur, la durée et la direction de leurs déplacements annuels suggèrent qu’elles peuvent disperser des graines et des nutriments sur une zone très vaste. Cela pourrait potentiellement affecter la viabilité sur le long terme non seulement des forêts d’Afrique centrale, mais également des moyens de subsistance humains dans une région où la plupart des personnes dépendent toujours du bois, des fruits et autres produits forestiers. La conservation des roussettes paillées africaines est donc vitale et le Kasanka Trust, en charge de la gestion du Parc national de Kasanka, l’a reconnu et a mis en place des recherches et des actions de conservation continues en faveur des chauves-souris. Une coopération internationale, en vue de protéger un réseau fonctionnel de zones de repos et d’alimentation tout le long de leurs voies de migration, est nécessaire afin de garantir que les terres boisées du nord de la Zambie et de la RDC soient maintenues pour les générations à venir. 
Lien supplémentaire : 
Endangered Wildlife Trust 
or contact Kath Potgieter: kathp@ewt.org.za 

Afrique du sud : Conservation des chauves-souris en Afrique australe 
Par le Professeur Peter John Taylor, Département d’écologie et de gestion des ressources, Université de Venda 

Des recherches récentes portant sur les chauves-souris d'Afrique australe qui utilisent des techniques modernes moléculaires et acoustiques montrent qu'il existe probablement un certain nombre de nouvelles espèces non étudiées dans la région. 22 espèces nouvelles de chauves-souris ont été décrites au cours des 20 dernières années en Afrique, à Madagascar et aux îles associées de l'océan Indien. En septembre 2012, nous avons fait état dans le journal PLOS ONE de la découverte passionnante de quatre autres nouvelles espèces de rhinolopes fer à cheval en Afrique australe
Cette découverte intervient deux ans après la publication du premier ouvrage de référence récent intitulé « Les chauves-souris d’Afrique centrale et australe : synthèse biogéographique et taxonomique », a été publié en 2010. Il représente l’aboutissement de plus d’un siècle de recherches sur les chauves-souris du sous-continent de l’Afrique australe. Des cartes de répartition ont été créées à partir des collections de musées du monde entier spécialisées dans les chauves-souris africaines réunies au moins au cours du siècle dernier. Ce livre décompte 116 espèces de chauves-souris, dont 22 sont répertoriées comme En danger ou Quasi-menacées dans la Liste rouge internationale et 14 autres sont inscrites avec des « Données insuffisantes ». Cet ouvrage se base principalement sur des collections portant sur les mammifères historiques, ainsi que sur des études plus modernes sur l’écologie et la biologie des chauves-souris. 
Espèce de chauve-souris d’Afrique australe nouvellement décrite, le rhinolophe de Smither (R. smithersi) 
© Peter John Taylor 
Depuis le début des années 1990, la sensibilisation de plus en plus forte des médias et du public à l’égard des chauves-souris a entraîné la formation de groupes d’intérêt sur ces animaux, notamment par des scientifiques citoyens dédiés à la conservation des chauves-souris. Le Groupe d’intérêt sur les chauves-souris KwaZulu-Natal (Bats KZN) a été fondé en février 1994 en tant qu’ONG axée sur la conservation avec pour objectif d’améliorer la recherche, la conservation et la sensibilisation du public aux chauves-souris d’Afrique du Sud. Le groupe a répondu aux requêtes publiques, a mené des débats, des cours de formation pour le public et les sociétés de lutte antiparasitaire, a fait des recherches sur les colonies et a soigné les chauves-souris blessées et malades. 
 
Un deuxième groupe similaire, le Groupe d’intérêt des régions du nord et du Gauteng (GNorBIG) a été formé en 1995. Un troisième groupe informel de l’Université du Cap se concentre principalement sur la recherche sur les chauves-souris et la formation d’étudiants de 2e et 3e cycle en écologie et systématique des chauves-souris. Ces groupes sont toujours actifs de nos jours et contribuent à encourager l’intérêt public et à prodiguer leurs conseils sur des enjeux nationaux concernant la conservation des chauves-souris en Afrique du Sud, tels que les règlementations TOPS (Espèces menacées ou protégées, Threatened or Protected Species, en anglais), récemment élaborées. Ils dépendent de la loi nationale sur la gestion de l’environnement et la biodiversité (NEMBA) de 2004, qui offre précisément une protection à une espèce locale, la chauve-souris Mastiff à grandes oreilles (Otomops martienssenii), ainsi que de la nouvelle législation provinciale (au KwaZulu-Natal) sur les normes en matière de soins en captivité sur des animaux sauvages indigènes, dont les chauves-souris. Bats KZN a été le premier à utiliser certaines méthodes pour la réinsertion de chauves-souris en détresse ou blessées ; en plus de ses propres efforts continuels et efficaces de sauvetage, il consulte des particuliers et des groupes de défense des animaux à l’échelle nationale et internationale. 
 
Par ailleurs, les groupes sur les chauves-souris contribuent à élaborer les lois relatives à l’évaluation de l’impact environnemental des propositions en matière d’énergie éolienne en Afrique du Sud (il a été prouvé que les parcs éoliens entraînaient une forte mortalité des chauves-souris dans certains cas). En outre, ils conseillent les autorités locales de conservation de la nature sur les listes d’espèces de chauves-souris menacées. Ils conseillent également les autorités locales et les fournisseurs de filets japonais sur les autorisations de permis à visée de recherche sur les chauves-souris. 
 
Les groupes sur les chauves-souris sont impliqués dans les débats sur la possibilité d’un accord africain sur les espèces de chauves-souris migratrices, similaire à EUROBATS. En surveillant les colonies d’espèces de chauves-souris en danger et les autres, ces groupes ont mis en avant les menaces auxquelles sont confrontées les chauves-souris. Bats KZN a décrit le déclin catastrophique, probablement du aux perturbations humaines, d’une population reproductrice de chauves-souris Cloeotis percivali, qui niche dans les fosses de visite du troisième plus grand barrage d’Afrique du Sud, celui de Jozini, entraînant l’inscription de l’espèce sur la Liste rouge comme étant En danger critique d’extinction grâce à une évaluation sud-africaine sur la conservation des mammifères. La base de données sur les colonies de chauves-souris, classée par groupes, ainsi que l’expérience collective des chercheurs spécialisés locaux et des travailleurs amateurs, ont été précieuses pour faire inscrire sur la Liste rouge des espèces de chauves-souris au cours de l’évaluation nationale sur la conservation des mammifères mentionnée ci-dessus. 
 
Les maisons résidentielles où les chauves-souris nichent souvent, y compris les populations menacées de molosses à grandes oreilles, sont désinfectées au fumigène. Afin de traiter cette menace, Bats KZN organise régulièrement des ateliers destinés aux sociétés de lutte antiparasitaire en vue d’informer les professionnels sur les moyens non mortels d’expulser les chauves-souris. 
Avec l’importance écologique et économique critique et croissante des chauves-souris dans les écosystèmes naturels tropicaux et les écosystèmes agricoles du monde entier, les dernières recherches en Afrique australe se sont intéressées à l’impact des chauves-souris en tant qu’agents de lutte biologique contre les insectes ravageurs dans les écosystèmes agricoles. Une étude réalisée récemment a identifié le rôle potentiellement significatif de deux espèces de chauves-souris molosses dans la lutte contre les insectes nuisibles dans les monocultures de cannes à sucre au Swaziland. Un projet similaire est actuellement en cours dans les vergers subtropicaux de noix de macadamia dans le nord de l’Afrique du Sud. 
 
Mis à part quelques succès, la conservation des chauves-souris en Afrique australe a encore un long chemin à parcourir afin de clairement appréhender et atténuer les nombreuses menaces auxquelles sont confrontées nos chauves-souris, de la destruction des habitats à cause de la croissance de la population et du boisement, à l’utilisation répandue des pesticides agricoles et domestiques, en passant par les nuisances humaines auprès de colonies de chauves-souris essentielles. Nous pensons que la sensibilisation du public doit devenir le principal objectif ; la bataille ne sera gagnée qu’en conquérant les cœurs et les esprits de la majorité de notre population en les convaincant du rôle écologique critique joué par les chauves-souris et des bénéfices économiques qui en découlent. 
Liens supplémentaires : 
Groupe d’intérêt sur les chauves-souris KwaZulu-Natal(Bats KZN) 
Groupe d’intérêt des régions du nord et du Gauteng 
 
 

Lecture recommandée 

 
Liens supplémentaires : 
 
Farm Radio 
News article on the First BCI Summit on African Bat Conservation 
Bracken Bat Cave and Caves and Karsts Webcasts de BatsLIVE 
Visitez le site officiel de l'Année de la chauve-souris, suivez l’Année de la chauve-souris sur Facebook www.facebook.com/yearofthebat ou envoyez un courriel à : yearofthebat@cms.int 
 
Engagez-vous aussi pour l'Année de la chauve-souris et aidez-nous à maintenir nos précieux écosystèmes. 
 
Nous espérons que vous avez apprécié la lecture du Chat de l’Année de la chauve-souris et nous réjouissons de vos histoires personnelles de chauve-souris. 
 
Meilleurs vœux et à la prochaine. 
L' équipe de l’Année de la chauve-souris 
 
 
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